OSEZ LE VRAI CHANGEMENT
Comme beaucoup vous constatez que l’organisation du monde ne va pas dans le sens dans lequel vous souhaiteriez qu’il aille, celui de l’intérêt général, permettant aux plus faibles de ne pas être abandonnés sur le bord du chemin.
Si vous pensez au contraire que la liberté totale doit prévaloir et que les plus faibles doivent être éliminés, cet appel ne vous concerne pas.
A l’occasion des élections vous allez pouvoir exprimer votre opinion. Oserez-vous pour autant accorder votre vote à ceux dont les idées correspondent le mieux à vos aspirations. ? En effet, il y a tant de raisons de conserver ses habitudes que nul ne peut prédire les résultats des divers scrutins.
Les candidats sont tous convaincus que le monde ne peut pas continuer sur la voie actuelle et ils vous promettent tous le changement. Mais quels changements vous sont-ils promis ?
Pour les libéraux le changement tient au fait qu’il est nécessaire de mettre fin à toutes les contraintes empêchant les entrepreneurs d’être les plus performants dans le contexte international. Pour parvenir à leurs fins, ils veulent réduire le code du travail en utilisant comme argument le fait qu’il empêche les salariés de travailler davantage pour pouvoir gagner plus. Ils ne vous disent pas qu’en vingt ans, ils sont parvenus à transférer 10 points des revenus des salaires aux revenus du capital en faisant passer les revenus du travail de 70 % du P.I.B (Produit Intérieur Brut) à 60 %. Ceux qui s’enrichissent sans travailler ont vu leurs revenus passer de 30 % du P.I.B à 40%, soit une augmentation de 33%. Pour que vous puissiez augmenter votre pouvoir d’achat, ils ne vous proposent pas de revenir à la situation antérieure, non ils veulent vous faire travailler davantage afin que leurs revenus à eux s’accroissent également. Chaque heure que vous travaillez, vous recevez une rémunération correspondant à 36 minutes de travail et les capitalistes perçoivent ce qui correspond aux 24 autres minutes. Sur une année de travail, vous travaillez 7 mois et 6 jours pour vous et 4 mois et 25 jours pour les capitalistes, soit du 7 Août au 31 Décembre.. Il y a 20 ans vous travailliez 8 mois et 11 jours pour vous et 3 mois et 19 jours pour les capitalistes soit du 12 Septembre au 31 Décembre.. Combien de temps travaillerez vous pour les capitalistes dans 5 ou 10 ans ?
Les sociaux démocrates qui sont en réalité des sociaux libéraux n’osant pas avouer leur nom pour ne pas effrayer ceux que le libéralisme effraie, leur but n’est pas de remettre en cause le système économique existant mais de le corriger localement, en utilisant les fonds publics pour réduire les effets néfastes insupportables pour une partie de la population.. Le rapport entre les revenus du travail et ceux du capital ne sont pas remis en cause. De plus, pour ne pas perdre leur électorat, les sociaux libéraux ne peuvent pas trop prélever de revenus sur les classes moyennes pour les redistribuer aux exclus précaires et de ce fait, les exclus et précaires de plus en plus nombreux ne perçoivent que des minimums leur permettant tout juste de survivre, dans des locaux plus ou moins salubres ou dans la rue.
Les antilibéraux qui veulent remettre le système libéral en cause, se heurtent au système libéral dominant qui possède en plus des entreprises de production la majorité des médias permettant de manipuler l’opinion publique. Si 80 % des médias étaient pour le « oui » au référendum du 29 Mai 2005 portant sur le TCE (Traité Constitutionnel Européen), la population a voté à 55 % pour le « non », ce qui montre bien le décalage entre ceux qui détiennent le pouvoir et la population. Il en était de même pour les représentants de la population, la chambre des députés étant à 80 % pour le « oui ". Les arguments de ceux qui ne veulent pas que soient remis en cause leurs privilèges et désirent imposer le mode de développement libéral sont principalement basés sur la peur, utilisant essentiellement l’expérience de l’U.R.S.S pour effrayer ceux qui pourraient se laisser convaincre de tenter une expérience remettant en cause le capitalisme. Un autre argument consiste à considérer que la France ne représentant que 1% de la population mondiale, et à laisser penser qu’il est utopiste de croire que ce pays pourrait s’émanciper de la politique libérale mondiale actuellement dominante. Pourtant, l’Amérique Latine nous montre le chemin.
La France, pays des droits de l’Homme, pays qui par la révolution a su se libérer des structures oppressives de la royauté rendue possible par la pression de la noblesse, classe s’étant, en échange de son allégeance, accordé des privilèges leur permettant d’avoir un niveau de vie très supérieur à celui de la population sur laquelle elle exerçait des droits absolus, a, dans ce que l’on doit considérer comme une étape, permis à la bourgeoisie de remettre en cause l’ordre des choses. Avec le temps, la bourgeoisie, détentrice du pouvoir économique, s’est emparée du pouvoir politique et attribuée des nouveaux privilèges. Nous sommes donc parvenus à la dernière étape, celle permise grâce au développement de la communication non centralisée, notamment Internet. Comme les satellites sont mis en orbite grâce aux différents étages des fusées servant les uns après les autres, la démocratie participative devrait être la dernière étape permise grâce aux étapes précédentes qu’ont été : la barbarie, la royauté, la démocratie représentative. Vos aspirations au changement seront-elles suffisamment fortes pour oser prendre le risque d’abandonner des organisations politiques qui alternent au pouvoir, et gèrent différemment sans doute, mais gèrent tout de même le capitalisme ?