Coup de colère… Citoyens, réveillez-vous !
Fermetures en masse d’entreprises qui font des bénéfices substantiels, ventes, rachats, fusions de groupes : licenciements des employés sans autre forme de procès, chômage sans espoir de retrouver un emploi pour une majorité d’entre eux!
Délocalisations en nombre vers des zones de non droit ou des lieux plus propices à l’exploitation éhontée des hommes : vers les nouveaux « entrants » d’Europe de l’Est où les salaires sont très bas, vers la Chine où les droits et les rémunérations relèvent de l’illusion, vers des pays qualifiés d’« émergeants » depuis qu’ils offrent toutes les garanties de l’asservissement humain !
Bénéfices records du CAC 40, rémunérations énormes du Capital et des actionnaires… et dans le même temps, refus d’augmentation des salaires, précarisation accélérée du monde qui travaille, invention de la « flexécurité », mépris humain sans bornes, utilisation des Hommes comme « variables d’ajustement », temps partiels imposés…
La liste pourrait s’allonger et se compléter par toute la série des mesures prises par nos gouvernements successifs depuis plus de 20 ans, et concernant la révision des droits des travailleurs ( Code du Travail très mal en point ; problèmes des retraites…), la protection des « nantis intouchables » (les lois ne profitent plus qu’aux riches), le non respect des personnes (nous sommes tous suspects, la surveillance commence à ne plus avoir de limites, surtout si notre peau est plus ou moins basanée… et même si elle ne l’est pas), la grande « braderie » de nos services publics (qui n’a fait hélas que commencer)… dans un pays qui prétend encore se réclamer d’être la « patrie des droits de l’homme » !
La liste pourrait s’alourdir également par le pillage des ressources naturelles et le non respect de l’environnement : quand on a érigé un système, il fonctionne en tant que système… et ceux auxquels il rapporte font tout pour le maintenir en place, aux dépens de la planète, des êtres qui la peuplent et au mépris du futur !
Serions-nous donc ces « veaux » dont parlait De Gaulle ?
Allons-nous continuer à courber l’échine sans réagir ?
Allons-nous continuer à contribuer à cette gabegie et laisser un monde invivable à nos enfants ?
Les médias de tous ordres nous abreuvent de chiffres, de résultats de sondages, de catéchisme libéral hors duquel il n’y aurait pas de salut…(Question de système ! Et le capitalisme est un système ! Et, quel système !)
Réagissons ! L’urgence est grande !
Nous avons massivement rejeté cette Europe libérale qu’on tentait de nous imposer par la force. Ils (médias et politiques de tous crins) n’avaient pourtant pas lésiné sur les moyens ! C’en était grotesque ! Cette Europe et ce monde qui broient les hommes et qui ne satisfont que les appétits toujours plus grands d’une petite poignée de gens « au-dessus des lois » !
Allons-nous donner nos voix à des libéraux qui nous méprisent chaque jour davantage et ne nous considèrent que lorsqu’il s’agit de les conduire au pouvoir suprême ?
Ecoutons leurs discours, l’absence de sincérité qu’ils contiennent tous, qu’ils émanent de la Droite Sarkozyste ou Bayrouiste, qu’ils montent des profondeurs du Lepénisme, ou encore qu’ ils soient ânonnés par une versatile mais rigide Ségolène prétendant incarner la gauche !
Pensons que tous promettent monts et merveilles… à condition qu’ils obtiennent le pouvoir suprême ! (si nous leur offrons ce pouvoir suprême, et cela dépend de nous tous ! du choix que nous allons faire !) .
N’oublions pas cependant qu’ils y sont déjà tous au pouvoir et depuis très longtemps !
N’oublions pas qu’ils ont tous cautionné, voté (sinon créé) les lois scélérates sur l’emploi, les retraites, la sécurité, le démantèlement des services publics (santé, eau, école, transports, énergie…)…
Comment serions-nous assez naïfs pour imaginer qu’ils feront demain, les uns ou les autres, ce qu’ils n’ont pas été capables de faire (ou d’aider à faire) jusqu’ici, alors qu’ils participaient, à des degrés divers, au gouvernement?
Si nous croyons cela, alors, certes, nous sommes les « veaux » décriés par De Gaulle !
Au contraire, si nous sommes un brin conscients, nous les « méprisés de la France d’en bas », nous nous devons de rejeter massivement toutes ces propositions, celles des quatre « grands candidats », celles qu’on veut de force nous faire accepter à grands renforts de pubs et de lavage de cerveaux.
Ce dont nous avons soif, c’est d’un changement véritable… d’un changement radical de logique et de système… c’est d’un monde au service des humains dans leur ensemble, sans exception… et non d’un monde où les privilégiés font leurs lois et où ceux qui les « nourrissent » par leur travail sont chaque jour plus asservis et méprisés.
Ce dont nous avons soif, c’est d’un monde dans lequel les hommes et les femmes, tous les hommes et toutes les femmes, sans distinction d’origine (ethnique ou sociale) seront enfin considérés comme des humains à part entière, avec les mêmes droits, les mêmes espérances… un monde dans lequel chacun aura sa place et sera rétribué équitablement : ceux et celles qui produisent la richesse, à quelque niveau que ce soit, ont droit au même respect, à la même dignité que nombre de parasites, profiteurs, nantis, ou « gros » qui vivent sur leur dos et décident pour eux en les privant de tout.
(Nous ne devons pas perdre de vue que chacun, à sa juste mesure, est l’ un des éléments de l’édifice social et économique, et de ce fait dispose des mêmes droits, du même respect ; nous nous devons de rappeler les fondements de notre république, y compris le préambule de la contestable constitution de 1958, plus précisément la déclaration des Droits de l’Homme de 1946… et, si nous mesurons nos droits actuels au regard de ces textes fondateurs, nous avons une idée des ravages causés par le système libéral qui s’est plus particulièrement théorisé depuis une soixantaine d’années).
Si, aujourd’hui, certains (certaines) travaillent et ne peuvent accéder ni à un logement décent (parfois pas même à un logement du tout ), ni à un système de santé véritable (depuis les lois relatives aux parcours de soins et à leurs corollaires), ni à une éducation digne de ce nom, ni à une qualité de vie décente…, ce n’est pas acceptable !
Si, aujourd’hui, certains (certaines) sont indûment privés d’emplois ou contraints d’accepter des temps partiels sous payés, des allocations chômage indécentes, des RMI, des sous contrats…ce n’est pas, non plus acceptable (surtout au moment où certains slogans invitent à travailler plus, pour gagner plus… en sachant que c’est impossible) !
Si, aujourd’hui, le gouvernement a reporté l’âge du départ à la retraite à 65 ans et plus, alors que les « décideurs » estiment que, dès 45 ou 50 ans, les employés ne sont plus « rentables », et qu’ils les « jettent » sans espoir de retrouver un emploi… il se moque d’eux, il se moque de nous tous!
Un autre monde est possible. Il n’appartient qu’à nous, électeurs, de prendre l’exacte mesure de ces futures élections, tant présidentielles que législatives, et leurs conséquences :
Si nous décidons de cautionner un système dont nous sommes (ou serons tôt ou tard) les victimes désignées au nom de la compétitivité, de la concurrence libre et non faussée, alors plions nous aux discours ambiants et votons pour les candidats du MEDEF, de l’OMC, du FMI, de la Banque internationale, des AGCS, de l’ERT,… et de l’UE dont nous avons rejeté la Constitution, autrement dit, pour les quatre « grands » !
Si, au contraire, notre degré de conscience reste intact, alors choisissons le candidat (ou la candidate) de la gauche antilibérale qui nous correspond le mieux, celui (ou celle) qui saura faire entendre nos voix, qui trouvera les moyens de défendre les intérêts du plus grand nombre face à une minorité de privilégiés… celui ou celle qui mettra en chantier une assemblée constituante et donnera aux citoyens, à tous les citoyens, la place qui leur revient de droit et qui leur a été ravie par compromissions successives… et accommodements avec l’argent roi !
Il est fort dommageable que les principaux protagonistes de ce mouvement antilibéral n’aient pas été capables de comprendre la gravité des enjeux et qu’ils aient, pour des raisons tactiques ou idéologiques, cassé une dynamique réelle, et conduit au désespoir nombre d’entre nous qui nous étions réellement investis dans les différents collectifs.
Ils sont encore à temps de prendre la décision commune d’additionner leurs voix et de le dire haut et fort (Rocard vient bien d’appeler, sans succès, les Ségolénistes et les Bayrouistes à regrouper leurs voix pour faire échec à Sarkozy ! c’est beaucoup plus grave, car cela exprime bien le caractère droitiste de la candidature socialiste, même si l’invitation de Rocard a été rejetée par Hollande !) …
Ensemble, (à défaut d’unis), nous avons encore des chances de peser… séparés ou divisés, nous ne serons rien, que la proie facile de tous les prédateurs.
Cet ultime sursaut de lucidité constituerait la voie de la sagesse… au nom de tous ceux qui font les frais de politiques iniques !
Anny